Ateliers
Trois jours pour un plateau
· 5 min

Dans l'échoppe de Lahcen, la dinanderie se transmet au bruit du marteau.
L'atelier tient dans quinze mètres carrés, au fond d'une ruelle de la médina de Fès. Lahcen y travaille le laiton depuis trente-deux ans, assis sur le même tabouret de bois que son père avant lui.
Un plateau demande trois jours. Le premier pour découper et planer la feuille, le deuxième pour marteler le décor point par point, le troisième pour polir et patiner. Aucune machine n'intervient : le rythme est donné par la main.
Ce temps long explique les irrégularités que nous ne cherchons jamais à corriger. Deux plateaux ne sonnent pas exactement pareil lorsqu'on les pose sur une table — c'est la signature de l'atelier.

